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La photo de la semaine

Amérique quand tu me tiens!!

            Toute passion vaut la peine d’être partagée et c’est chose faite aujourd’hui avec la création de ce blog. Comme le titre vous l’indique, j’aimerais parler ici de ce qui occupe une place importante dans ma vie : le monde hispanique. Mais pourquoi un tel attrait ? Comment ce monde s’est-il emparé de moi ? En fait, tout vient d’une enfance passée entre la France et cette Espagne que je vénérais et que j’idéalisais tant. Jamais je n’oublierai les odeurs qui envahissaient les ruelles de Hondarribia ! Jamais je ne cesserai de me remémorer ces villages médiévaux, cette Castille de Machado brûlée par le soleil de juillet. Jamais ne me quitteront les frissons que m’ont provoqués les tableaux de Goya, Vélasquez ou du Gréco. Et toujours je prendrai plaisir à lire et relire les plus belles pages de Cervantès, de Lorca ou de Galdos.  Tout n’était que fascination et quand il fut temps de choisir les études qui allaient peut-être me permettre de préparer ma future vie d’adulte, tout se bouscula et contre toute attente, adieu les désirs (et la fierté !) de peut-être devenir médecin, vétérinaire ou juriste. Seul m’importait l’enrichissement culturel et la possibilité de découvrir plus profondément ce monde hispanique que j’aimais tant. C’est alors que mes années universitaires m’ont comblé par l’étude de ces civilisations merveilleuses et de ces auteurs qui ont changé la face du monde des Lettres. Puis l’heure des voyages est venue et c’est stupéfait que j’ai mis une image sur l’anarchie mexicaine décrite par Carlos Fuentes, sur l’incroyable cité de Macchu Picchu, adulée dans les vers de Pablo Néruda ou sur ce Buenos Aires que Gardel évoque si souvent.C’est donc tout cela que je désire partager avec vous. Et ma plus grande joie serait de vous faire connaître ces peuples et ces contrées qui ne peuvent laisser quiconque indifférent. Je m’efforcerai donc de vous apporter un maximum de renseignements qui pourraient vous aider dans vos recherches ou tout simplement dans la préparation de vos futurs voyages. Pour le moindre doute, la moindre interrogation sur ce sub-continent, n’hésitez pas et contactez-moi. Cest avec plaisir que je tenterai de vous aider.

 

                                                                                  

                                                                               

Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 14:35

     Alfonsina Storni est une poétesse argentine d’une renommée internationale. Ses poèmes sont devenus des classiques de la littéraure hispano-américaine et elle est connue de tout américain. En 1938, sa mort tragique la rend encore plus populaire et l’élève au rang de symbole continental. Découvrez cette femme, découvrez sa vie, découvrez son oeuvre!   


 ”Un día estaré muerta, blanca como la nieve,

             Dulce como los sueños en la tarde que llueve.”      


          

         


         En 1892, la Suisse voit naître sur ses terres une future grande dame au destin tragique  : Alfonsina Stroni. C’est en traversant l’Atlantique pour rejoindre sa famille en Argentine qu’elle rencontrera celle qui ne la quittera plus jusqu’à sa mort : la mer. 

       En 1911, elle décide de quitter San Juan pour rejoindre Buenos Aires où va poindre la célébrité avec la publication de Languidez en 1920. "Si j’écris, c’est pour ne pas mourir" se plaisait-elle à dire.

         Dans Languidez, tout est volupté, légéreté, les mots s’envolent et la gloire d’Alfonsina plane désormais au-dessus  de l’Argentine. Elle fréquente les plus grands, les hôtels prestigieux la convoîtent et la renconte avec l’uruguayen Horacio Quirajo la comble de bonheur.

           Pourtant, le ciel limpide voit cette étoile se ternir et les mots deviennent plus sombres. Comme chez les romantiques du siècle passé, sa plume se noie dans la mer et dans la mort. 

          Dès 1935, le mal s’abat sur Alfonsina. Le cancer l’envahit. Quelques mois plus tard, son fidèle compagnon Horacio met fin à ses jours. Alfonsina est abattue et lui rend hommage avec ces quelques vers qui resteront célèbres dans les Lettres hispaniques :   

Morir como tú, Horacio, en tus cabales,

y así como siempre, en tus cuentos, no está mal;

un rayo a tiempo y se acaba la feria…

           A l’instar de son Quiroga, qui décida de mourir comme dans ses contes, Alfonsina nous quittera comme dans ses poèmes. Ce ne sont que quelques vers qui serviront d’ adieu. Quelques vers avant d’avancer dans cette mer qui l’obsède. Quelques vers avant de se laisser emporter par les flots et y perdre la vie.

         Le 23 octobre 1938, une dépêche bouleverse le monde entier : “ha muerto, trágicamente Alfonsina Storni, gran poetisa de América”.  Juste une phrase qui reconnaît officiellement l’universalité de l’artiste.

          En son hommage, Félix Luna reprend quelques vers de son dernier poème et écrit une chanson qui passera de voix en voix et de style en style. Alfonsina y el mar  est maintenant devenue un grand classique de la culture hispano-américaine et si vous ne l’avez pas écoutée avant de lire cet article, prenez cinq minutes pour découvrir ce chef-d’oeuvre. Cette chanson est un des grands classiques en Amérique latine. Elle est connue de tous et s'est répandue en Europe grâce à l'espagnol, Miguel Bosé et à Mauranne.  



Dientes de flores, cofia de rocío,
Manos de hierbas, tú, nodriza  fina,
Tenme prestas las sábanas terrosas,
Y el esdredón de musgos escardados
Voy a dormir, nodriza mía, acuéstame,
Ponme una lámpara a la cabecera
Una constelación, lo que te guste,
Todas son buenas : bájala un poquito
Déjame sola : oyes romper los brotes…
Te acuna un pie celeste desde arriba
Y un pájaro te traza unos compases
Para que olvides : gracias…ah un encargo :
Si él llama nuevamente por teléfono :
Le dices que no insista, que he salido

  ("Me voy a dormir" 1938 - Dernier poème avant de se donner la mort)                        


Pour aller plus loin


Poesia completa                          Alfonsina Storni        ( Malheureusement pas de traduction en français)  
Invitacion a la poesia : suma de autores hispanoamericanos.         Oscar Abel Ligaluppi
Un amor a la deriva : Horacio Quiroga y Alfonsina Storni            Ana Atorresi

Si vous voulez avoir un aperçu plus large de son oeuvre, je vous conseille le site de l'Institut Cervantes qui a mis en ligne quelques-uns de ses poèmes.
http://www.cervantesvirtual.com/bib_autor/alfonsina/estudios.shtml


Très peu de critiques en français, au plus quelques articles publiés.

Par Sébastien Poutrain - Communauté : Amérique Latine - Voir les 4 commentaires
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