Toute passion vaut la peine d’être partagée et c’est chose faite aujourd’hui avec la création de ce
blog. Comme le titre vous l’indique, j’aimerais parler ici de ce qui occupe une place importante dans ma vie : le monde hispanique. Mais pourquoi un tel attrait ? Comment ce monde
s’est-il emparé de moi ? En fait, tout vient d’une enfance passée entre la France et cette Espagne que je vénérais et que j’idéalisais tant. Jamais
je n’oublierai les odeurs qui envahissaient les ruelles de Hondarribia ! Jamais je ne cesserai de me remémorer ces villages médiévaux, cette Castille de Machado brûlée par le soleil de
juillet. Jamais ne me quitteront les frissons que m’ont provoqués les tableaux de Goya, Vélasquez ou du Gréco. Et toujours je prendrai plaisir à lire et relire les plus belles pages de Cervantès,
de Lorca ou de Galdos. Tout n’était que fascination et quand il fut temps de choisir les études qui allaient peut-être me permettre de préparer ma future vie
d’adulte, tout se bouscula et contre toute attente, adieu les désirs (et la fierté !) de peut-être devenir médecin, vétérinaire ou juriste. Seul m’importait l’enrichissement culturel et la
possibilité de découvrir plus profondément ce monde hispanique que j’aimais tant. C’est alors que mes années universitaires m’ont comblé par l’étude de ces civilisations merveilleuses et de ces
auteurs qui ont changé la face du monde des Lettres. Puis l’heure des voyages est venue et c’est stupéfait que j’ai mis une image sur l’anarchie mexicaine décrite par
Carlos Fuentes, sur l’incroyable cité de Macchu Picchu, adulée dans les vers de Pablo Néruda ou sur ce Buenos Aires que Gardel évoque si souvent.C’est donc tout cela
que je désire partager avec vous. Et ma plus grande joie serait de vous faire connaître ces peuples et ces contrées qui ne peuvent laisser quiconque indifférent. Je m’efforcerai donc de vous
apporter un maximum de renseignements qui pourraient vous aider dans vos recherches ou tout simplement dans la préparation de vos futurs voyages. Pour le moindre doute, la moindre interrogation
sur ce sub-continent, n’hésitez pas et contactez-moi. Cest avec plaisir que je tenterai de vous aider.
Une femme meurt en allaitant son fils et devient un symbole socio-religieux primordial en Argentine et dans une grande partie de l'Amérique latine. Mais comment est née cette
histoire magnifique?
La scène se passe en 1853, dans le Nord-ouest de l’Argentine, dans la province de San Juan. Sur le terrain, deux partis s’affrontent terriblement : les « unitarios » qui veulent que le pouvoir soit centralisé à Buenos Aires et les
« federales », partisans de l’autonomie des provinces. Cette guerre fratricide sera l’objet d’horreurs les plus terribles mais elle fera naître également une légende qui se répandra
dans toute l’Argentine et dans de nombreux pays hispano-américains.
C’étaitl’heure de la sieste et La
Majadita était plongée dans sa torpeur habituelle. La chaleur précoce du printemps avait surpris les habitants de ce hameau et personne ne pouvait se permettre d’affronter
l’arrogance du soleil. On sait ici qu’il régissait la moindre action dans le village et même si les épis de blé saluaient ses fils d’or, les pauvres humains ne pouvaient que courber
l’échine face à un astre si puissant. Il y a pourtant une chose que le soleil était incapable de maîtriser : la violence de l’homme. De là haut, il la voyait, il la sentait, il la
condamnait mais jamais il ne put l’arrêter. Les armes solaires sont beaucoup trop veules pour combattre avec force la convoitise et la bêtise
humaine.
Deolinda et Baudilio menèrent une vie paisible, comblés par l’amour mutuel et les sourires
d’un enfant. Peu leur importait que la chaleur suffocante empêchât tout mouvement, peu leur importait que le sol argentin fût mis à feu et à sang. Eux, ils étaient heureux dans la paix
de leur foyer et c’est là l'important.
Mais aujourd'hui, une bataille s’empara du village. Les
soldats du soleil luttèrent contre l’armée d’Eole. Les vents se levèrent, se couchèrent, tourbillonnèrent, emportant tout sur leur passage, et un nuage de poussière enveloppa cette tuerie sans
précédent. Au fracas des vents contre les fenêtres il ne tarda pas à se mêler un autre tohu-bohu . Un tintamarre de pas lourds et désorganisés, un hourvari de pièces
métalliques ne pensant qu’à tuer. Ça y est, Ils étaient là, prêts à tout pour combattre leur cause. Les hommes déguenillés, assoiffés et affamés avaient encore quelques forces pour saccager ce qu’ils trouvaient et
pour satisfaire leurs besoins dans des corps meurtris par la
haine et la douleur.
La terreur s’empara de Baudilio qui
accourut vers ces scènes de boucherie et de viols collectifs. Il avait cependant oublié une chose : en plus de nourriture, d’eau, de sexe et de pouvoir, la troupe avait aussi besoin de
combattants !!!!
- Si tu es si vaillant pour défendre ces femmes, ta bravoure nous aidera à gagner cette guerre. Désormais tu es
nôtre et seule ta mort nous séparera !
Du village, il ne resta que cendres et pierres. Tous les hommes furent emmenés et les femmes durent désormais
pleurer seules leur désespoir ! Deolinda ne put se résigner et sans dire mot, peut-être même sans les penser, elle prépara l’enfant et l’emmèna avec elle par ces chemins poussiéreux sous un
soleil de plomb. La cause de ce départ : la perte de l’être cher. Le but, le retrouver.
La route était longue. Les chemins caillouteux
rendirent la marche de plus en plus pénible et les dernières gouttes d’eau n’apaisèrent pas la soif. En haut de la vallée, le bébé pleura, la faim l’assaillit. Deolinda en mère digne, préfèra
perdre du terrain et allaiter son fils. Couchée sur le sol, l’enfant goulu pendu à son sein, elle s’endormit. Un long sommeil l’attendit, un sommeil dont elle ne sortirait
jamais.
Deux jours plus tard, les cris d’un jeune enfant attirèrent l’attention d’un fermier qui passait par là
à la recherche de ses brebis. Quelle ne fut pas sa surprise de rencontrer, cette femme inerte, sans vie et ce bébé plein d’énerg
ie profitant de la saveur des dernières gouttes de lait de sa
mère.
Un véritable culte est maintenant voué à la Difunta Correa. Les routiers, les taxis, les touristes qui font maginalement le
détour pour traverser ce sanctuaire et se signer. On y amène toutes sortes d'objets. Des voitures quand on en veut une, une maison quand on décide de déménager, une jambe pour mieux
marcher, tout en miniature bien sûr. Même si certains ont pris ça au pied de la lettre et ont amené les originaux.
Toutes les photos
ont été prises dans le parc de "el Valle de la Luna" Ishigualasto.
Vos avis. Un grand merci!