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Après avoir parcouru plusieurs pays d'Amérique latine, c'est à Salta que j'ai décidé d'exercer la profession de Guide Privé. Comme les paysages grandioses et les sourires des habitants des Andes, méritent mieux que les quelques minutes offertes par les agences, j'ai décidé de vous servir en vous proposant des excursions où vous êtes simplement LIBRES de votre temps et de vos envies. Vous partiperez donc à des moments qui, encore pour moi aujourd'hui restent des moments extraordinaires
”Un día estaré muerta, blanca como la nieve,
Dulce como los sueños en la tarde que llueve.”
En 1892, la Suisse voit naître sur ses terres une future grande dame au destin tragique : Alfonsina Stroni. C’est en traversant
l’Atlantique pour rejoindre sa famille en Argentine qu’elle rencontrera celle qui ne la quittera plus jusqu’à sa mort : la mer.
En 1911, elle décide de quitter San Juan pour rejoindre Buenos Aires où va poindre la célébrité avec la publication de Languidez en 1920. "Si j’écris, c’est pour ne pas mourir" se plaisait-elle à dire.
Dans Languidez, tout est volupté, légéreté, les mots s’envolent et la gloire d’Alfonsina plane désormais au-dessus de l’Argentine. Elle fréquente les plus grands, les hôtels prestigieux la convoîtent et la renconte avec l’uruguayen Horacio Quirajo la comble de bonheur.
Pourtant, le ciel limpide voit cette étoile se ternir et les mots deviennent plus sombres. Comme chez les romantiques du siècle passé, sa plume se noie dans la mer et dans la mort.
Dès 1935, le mal s’abat sur Alfonsina. Le cancer l’envahit. Quelques mois plus tard, son fidèle compagnon Horacio met fin à ses jours. Alfonsina est abattue et lui rend hommage avec ces quelques vers qui resteront célèbres dans les Lettres hispaniques :
Morir como tú, Horacio, en tus cabales,
y así como siempre, en tus cuentos, no está mal;
un rayo a tiempo y se acaba la feria…
A l’instar de son Quiroga, qui décida de mourir comme dans ses contes, Alfonsina nous quittera comme dans ses poèmes. Ce ne sont que quelques vers qui serviront d’ adieu. Quelques vers avant d’avancer dans cette mer qui l’obsède. Quelques vers avant de se laisser emporter par les flots et y perdre la vie.
Le 23 octobre 1938, une dépêche bouleverse le monde entier : “ha muerto, trágicamente Alfonsina Storni, gran poetisa de América”. Juste une phrase qui reconnaît officiellement l’universalité de l’artiste.
En son hommage, Félix Luna reprend quelques
vers de son dernier poème et écrit une chanson qui passera de voix en voix et de style en style. Alfonsina y el mar est maintenant devenue un grand classique de la
culture hispano-américaine et si vous ne l’avez pas écoutée avant de lire cet article, prenez cinq minutes pour découvrir ce chef-d’oeuvre. Cette chanson est un des grands classiques en
Amérique latine. Elle est connue de tous et s'est répandue en Europe grâce à l'espagnol, Miguel Bosé et à Mauranne.

Dientes de flores, cofia de rocío,
Manos de hierbas, tú, nodriza fina,
Tenme prestas las sábanas terrosas,
Y el esdredón de musgos escardados
Voy a dormir, nodriza mía, acuéstame,
Ponme una lámpara a la cabecera
Una constelación, lo que te guste,
Todas son buenas : bájala un poquito
Déjame sola : oyes romper los brotes…
Te acuna un pie celeste desde arriba
Y un pájaro te traza unos compases
Para que olvides : gracias…ah un encargo :
Si él llama nuevamente por teléfono :
Le dices que no insista, que he salido
("Me voy a dormir" 1938 - Dernier poème avant de se donner la mort)
Pour aller plus loin
Poesia
completa Alfonsina
Storni ( Malheureusement pas de traduction en français)
Invitacion a la poesia : suma de autores hispanoamericanos. Oscar Abel Ligaluppi
Un amor a la deriva : Horacio Quiroga y Alfonsina Storni Ana Atorresi
Si vous voulez avoir un aperçu plus large de son oeuvre, je vous conseille le site de l'Institut Cervantes qui a mis en ligne quelques-uns de ses poèmes. http://www.cervantesvirtual.com/bib_autor/alfonsina/estudios.shtml
Très peu de critiques en français, au plus quelques articles publiés.
Publié le 12/09/2008 à 14h35 dans L'Argentine