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Après avoir parcouru plusieurs pays d'Amérique latine, c'est à Salta que j'ai décidé d'exercer la profession de Guide Privé. Comme les paysages grandioses et les sourires des habitants des Andes, méritent mieux que les quelques minutes offertes par les agences, j'ai décidé de vous servir en vous proposant des excursions où vous êtes simplement LIBRES de votre temps et de vos envies. Vous partiperez donc à des moments qui, encore pour moi aujourd'hui restent des moments extraordinaires

Restons encore une journée au bord du lac Titicaca avec le peuple des Aymaras pour
vous parler d’un don que le Dieu du Soleil lui consentit il y a déjà bien longtemps.
Depuis des siècles, les Apus
étaient fiers de leur peuple. Du haut de leur montagne, ils le voyaient courbé sur cette terre qu’il retournait, fouillait et entretenait avec acharnement, courage et dévotion. Pourtant, Inti, le
Dieu Soleil, se leva un jour avec une toute autre vision de la situation : ce peuple bien aimé, malgré sa labeur, peinait à se nourrir et à trouver ses forces dans ce que la Pachamama lui
procurait. Vous connaissez désormais la bonté de ce Dieu et vous vous imaginez bien qu’il ne pouvait rester indifférent devant un tel tableau. Sa réflexion fut donc intense et il en vint à créer
une nouvelle plante pour apaiser la faim et donner de la force à ces descendants des Dieux. Le climat et la terre lui apportant tout ce qu’elle nécessitait, cette petite plante devint un
véritable arbuste qui produisait tant de feuilles que les hommes y trouvaient une source insatiable d’énergie et devint un élément indispensable dans les cultes religieux. Pour eux, cette
création représenta une révolution dans leur quotidien et désormais, ils ne pouvaient que l’honorer. Il fallait lui trouver un nom. Alors, pourquoi pas « l’arbre par excellence » ?
Khoka en Aymara.
Peu à peu, les feuilles de coca sont donc devenues un symbole de la divinité et un véritable lien entre les trois mondes : la Pachamama qui la nourrissait, le lieu des mortels et
le ciel où résidaient les Dieux. Elles participaient donc désormais au culte religieux et à la vie quotidienne. Malgré les dires, la Conquête espagnole ne mit aucunement fin à sa consommation,
bien au contraire. En 1507, Amerigo Vespucci ramena cette pratique au Roi d’Espagne et Philippe II, la déclara même indispensable au bien-être des Indiens puisqu’elle leur permettait de surmonter
les efforts que leur demandait le travail forcé. Et puis, quelle belle occasion pour le clergé, qui ne put s’empêcher de prélever un impôt sur le commerce de cette plante, de s’enrichir un peu.
Bien belle idée en effet, quand on sait que les revenus de cet impôt ne représentaient pas moins des trois quarts des recettes des évêchés !
Alors qu'en est-il aujourd’hui ? Hormis
l’exploitation de cette plante dans la fabrication de la drogue, les feuilles de coca sont également utilisées dans les laboratoires pharmaceutiques et dans l’élaboration d’une boisson américaine
bien connue inventée par John Pemberton, le Coca-Cola (au passage, avant d’en faire la boisson, on décocaïnise les feuilles !)
Dans les Andes, elle fait toujours partie du quotidien et quiconque se promène dans ces hauteurs, se
rendra vite compte que chaque moment symbolique de la vie est accompagné d’offrandes de feuilles de coca. Pour remercier la Pachamama de la bonne
récolte on lui en offre en abondance, pour remercier les Dieux, on se tourne vers les montagnes, trois feuilles à la main, en invoquant la bonté divine. Mais, en plus de cette participation aux
actes religieux et sociaux, la coca est toujours utilisée à des fins préventives, curatives voire même gastronomiques. Il sera donc très courant que votre arrivée à Cuzco ou à La Paz, soit
accompagnée d’une tasse de maté de coca, un thé qui permet, paraît-il, d’aider le corps à s’adapter à l’altitude et de combattre son mal : le « sorroche ».
Je tenais quand même à préciser que mâcher des feuilles de coca ou boire
un maté n'a rien à voir avec une pratique douteuse. La cocaïne, même si elle provient de cette feuille, requiert une élaboration avec de nombreux produits chimiques. On ne peut donc aucunement
devenir drogué en mâchant quelques feuilles. Soyez donc tranquille si on vous en offre. En plus, socialement, le fait de partager ce moment de mastication, est un honneur puisque c'est une
concrétisation d'amitié entre deux êtres.
Publié le 31/10/2008 à 00h30 dans La Bolivie